cieux_53.jpg
cieux_48.jpg
cieux_34.jpg
"Ce Limousin où les oiseaux chantent plus tôt plus haut et plus fort..."  J.G.

Roger DUREISSEIX

Cet homme est un exemple.
Roger Dureisseix est né en 1933. À 5 ans, il enfourche pour la première fois un tricycle du côté de Saint-Laurent-sur-Gorre où son père était boulanger. Depuis, il n’a jamais cessé de pédaler et, à 82 ans, il n’envisage pas de s’arrêter.

Roger Dureisseix avait 14 ans quand son père vint ouvrir sa propre boulangerie à Cieux. C'est à l'âge de 17 ans qu'il approcha la course en compétition, à Limoges, lors d'une course interrégionale, qualifiante pour le championnat de France.

À 18 ans, lors de sa première véritable épreuve avec le club de Saint-Junien, que croyez-vous qu'il fit ? Il la gagna bien sûr ! Lui qui était un « autodidacte » du vélo se vit prêter par les marques de l'époque son premier vélo « professionnel » à

Roger Dureisseix

l'année. Beaucoup plus tard, il rachètera un vélo à Raymond Poulidor.

544 cols à son actif

À 20 ans, il était déjà en 2 e catégorie, ce qui lui donnait la possibilité de rouler avec les cyclistes professionnels. Il connut sa première chute, à cause d'une voiture, l'année suivante dans les Monts de Blond. Bilan : 3 semaines de clinique pour une omoplate cassée. Il continua néanmoins à participer à des courses jusqu'à 22 ans.

Ensuite, il se maria avec Irène, la jeune Cielloise qu'il a connue à 14 ans et qui, aujourd'hui, est toujours près de lui. Il s'éloigna de la compétition mais pas du vélo et tenta de monter un club à Cieux – où il demeure avec son épouse. Il fit même fabriquer un maillot spécifique qu'il possède encore. Cette tentative ne marcha qu'un an et il se rapprocha alors du club de Couzeix où il est resté 25 ans. 

C'est à partir de là qu'il participa à de très nombreuses épreuves dénommées « cyclos sportives » et qu'il a ainsi découvert toute la France, grâce à son vélo. Il fut en effet inscrit – 2 fois – à Bordeaux - Paris, puis à Thonon-les- Bains - Nice, Hendaye - Cerbère, Limoges - Andorre, Limoges - Sète et à une multitude d'épreuves très connues des « avaleurs de kilomètres » comme Paris - Roubaix, La Louison-Bobet, la Jacques-Anquetil, la Bernard-Hinaut, l'Épervier ou encore l'Ardéchoise et la Corse.

Mais il lui fallait aussi voir ce qui se passait à l'étranger. Il parcourut donc l'Espagne (Limoges - Valence - Malaga), l'Italie (Thonon - Trieste, Milan - San Remo, Marathon des Dolomites…), les Alpes d'Autriche et de Suisse, Liège - Bastogne - Liège, puis, pour le « fun », il s'attaqua au Mont Blanc et 5 fois au Mont Ventoux !

À 83 ans, il pédale encore...

Mais le plus étonnant, c'est sa participation à l'Ardéchoise à 78 ans, qu'il effectua avec un holter, 15 jours après une intervention chirurgicale avec séances de rayon le matin. « Le vélo m'a été d'une aide incomparable » dit-il pour évoquer cette douloureuse épreuve. Aujourd'hui, il a vaincu le mal.

En consultant les innombrables récompenses et diplômes qu'il a gagnés, on peut constater qu'il fait partie du « club des 100 cols ». Il en a gravi, à ce jour, 544 dont 51 de plus de 2.000 mètres, le plus haut étant le Picco Velata en Espagne (3.380 mètres).

Cet homme a probablement raté une carrière internationale pour l'amour de sa compagne… Il pratique encore sa passion dès que le temps est beau, jusqu'à trois fois par semaine, ce qui peut aller à 4.000 km par an. À 83 ans, on ne se refait pas…

On ne pariera pas mais il ne serait pas étonnant que dans un petit coin de sa tête, il vise le record du monde des centenaires (?) Allez, Roger, on repart à l'entraînement...