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Ode à Cieux 

Voici de paisibles vaches 
qui ruminent de bonheur
et qui sans cesse mâchent
pour donner du bon beurre.

Prés fermes et domaines
fuient de petits ruisseaux
Et menhirs et dolmens
rythment les monts et les vaux.

La vielle passée de vogue,
reste le fruit en sa bogue,
châtaigne en son écrin,
emblème du Limousin.


                                                             J-A Pill

Jacques-André Pill

 

 
Déception personnelle de ne pas avoir lu le nom de famille de mon arrière-grand-père, Jean Pailler, né en 1875 dans "La petite histoire de Cieux" d'Albert Hivernaud. Edile et conseiller municipal durant 37 ans, il était maréchal-ferrant spécialisé dans le ferrage des boeufs cependant que l'autre maréchal-ferrant, Simon Montazaud, l'était pour les chevaux.
J'ai toujours en souvenir l'âcreté de la corne brûlée par le sabot au moment de la pose du fer : à chaque fois, mes narines étaient agressées par l'odeur. Que dire alors pour mon aïeul, lui qui a accompli cette tâche la vie durant ? Souvenir du « Grand-Père » comme j'avais coutume de l'appeler, travaillant dans la forge, véritable caverne d'Ali Baba, emplie de caisses et d'outils, avec le soufflet pour faire rougir futurs sabots et outils. Gestes de toute éternité...depuis l'Age de Fer.
Pour m'impressionner, le Grand-Père Jean avait passé un jour sa main dans les flammes, avant de m'expliquer que seul la flamme bleue brûlait et non les volutes jaunes au travers desquelles passait la main. Je crois ne m'être jamais risqué à l'exercice.
Son fils, Henri, mon oncle, lui a succédé jusqu'au jour où le machinisme agricole a fait s'éteindre le feu de la forge. Quelle déception d'apprendre qu'un jour, le soufflet avait été vendu à un Parisien de l'Etang qui voulait en faire une table basse.
Depuis, la maison, où j'ai passé tant de mois et années de ma vie, a été vendue à Jean-Pierre et Annelise Waldbauer, amis et quasi-cousins lointains. Annelise et Jean-Pierre ont réaménagé tout l'ensemble leur appartenant et racheté les bâtiments qui abritent aujourd'hui l'Auberge La Source. Ce sont des gens que j'aime, qui font vivre la commune, aidant à l'animer au travers du Syndicat d'Initiative.
Cieux est également le lieu que mes parents ont choisi d'habiter en 1986 dans la maison Pailler où les travaux sont allés bon train. Ils s'investissent aussi beaucoup dans la vie de la commune, participant à maintes activités. Je les aime aussi ! Ils ont fait venir des amis dans la région. Eux aussi je les aime.
J'ai fait découvrir Cieux à Muriel environ dix ans plus tard. Elle a été séduite par le lieu, la verdure, les monts, les « pièces d'eau » - étangs naturels et artificiels, les noms des lieux, affirmant ce « pays de légendes ».
A la Toussaint 2011, Gérard, que je n'avais plus revu depuis belle lurette, me fait part de la création d'une nouvelle association..pour laquelle il faudra pourvoir un poste de trésorier . Après une semaine d'hésitation, je tope. L'association a pour nom, adopté en assemblée plénière, « pier O bois ». C'est un très joli nom. Gérard ne manque pas d'idées ni d'ardeur et a déjà programmé un cross et une exposition de réalisations artisanales en pierre et en bois. E la nave va, comme disent les Italiens.

Février 2012