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Les actualités de Cieux sur Le Populaire du Centre

 

Un rucher bien animé

Depuis 2019, Alexandra et Brice Rigod dirigent une ferme apicole (Le Rucher Ân’imé) pas comme les autres. Ils accueillent chaque année des groupes d’enfants et d’adultes pour leur transmettre leur passion des abeilles et de la biodiversité. Leur structure pédagogique, agréée maintenant par l’Éducation nationale, est devenue une référence pour la sensibilisation à l’apiculture et à l’environnement. Alexandra et Brice ne sont pas de simples producteurs de miel. Leur ferme est avant tout un lieu de découverte et d’apprentissage, où chaque visiteur, petit ou grand, repart avec des connaissances concrètes sur le monde fascinant des abeilles. Ils veulent rendre accessible l’apiculture à travers des ateliers ludiques, adaptés à tous les âges : découvrir le rôle des abeilles (avec combinaison de protection si besoin), fonctionnement d’une ruche, importance de la pollinisation. Il est possible de parrainer une ruche et d’en recueillir le miel après extraction. D’autres périodes sont consacrées aux ateliers de fabrication de bougies ou de baume à lèvres. RucherPour prolonger l’expérience, Alexandra et Brice proposent un camping à la ferme avec des hébergements uniques : des tentes mongoles spacieuses (2-5 personnes), pour une ou plusieurs nuits en pleine nature. Pour les balades, des ânes, une mule, un cheval et des lamas attendent de bon pied les apprentis conducteurs. Des brebis, des cochons, des canards, des poules, des paons, des lapins et des cochons d’Inde illustrent aussi la devise de la ferme « on ne s’ennuie jamais ici ».

Lieu : Le Pimpin Martinerie, à Cieux. Contact : 0544210206

Une belle histoire

Sa grand-mère chantait, sa mère et son père aussi. D'après Philippe, Emilie aurait l'oreille absolue «grâce à mes ascendants» précise la chanteuse autodidacte. Elle a commencé par des fêtes d'école puis a continué dans des chorales. Originaire de Brive et voulant devenir professeur d'espagnol, elle poursuivra ses études à Limoges en cherchant, avec exaltation, un cours de danse flamenca. Philippe s'est mis tardivement à la guitare. Il en possédait une mais qui servait plutôt de décor. Il devait devenir prothésiste dentaire. C'est après un grave accident de moto qu'il a approché l'instrument pendant sa très longue convalescence. Lui aussi a commencé seul en s'essayant à des styles différents. D'abord sur une corde, puis deux, puis trois et, petit à petit, jusqu'à six. Au bout de dix-huit mois, il avait une certitude : c'était le flamenco qui le subjuguait. Il commença donc à prendre des cours puis se spécialisa encore par de nombreux stages jusqu'à devenir lui-même professeur dans une association de musique et de danse flamenca. C'est en lisant une affichette, posée par Philippe à la faculté d'Emilie, qu'elle ira rejoindre, pendant deux ans, le cours de danse tant attendu. Emilie PhilippeUn jour, Philippe lui demande de traduire un texte de chant flamenco pour un chanteur qui ne pratiquait pas bien l'espagnol. Elle revint avec le texte exact et se mit à le fredonner. «Mais tu chantes» s'écria Philippe. Et c'est à partir de ce jour qu'a commencé leur collaboration en 2001. Ils se sont alors produits, sur différentes scènes (notamment Jules Noriac) et endroits (associations, fêtes communales, hôpitaux, Ehpad, prison, spectacles de rue, animation en Suisse…), vendus leurs propres CD jusqu'à devenir intermittents du spectacle. Puis, plus tard, conjoints dans la vie. Comme pour beaucoup, le Covid a tout changé et ils ont dû depuis «réduire la voilure».

L'ancienne gare de tramway

La gare de tramways, devenue la bascule agricole de Cieux jusqu’aux années 1970, est un héritage immobilier de l’histoire rurale qui est maintenant restauré.

Ce bâtiment abritera une vitrine historique avec d’une part l’histoire du "trami", le nom donné aux Chemins de fer départementaux de la Haute-Vienne, d’autre part celle de la bascule agricole de Cieux. Elle accueillera de petites expositions temporaires et sera un lieu de rencontres. Situé au sortir du bourg, avec des abords aménagés pour estivants et randonneurs, ce lieu réhabilité participera à l’essor touristique des Monts de Blond.

la gare

 

Point lecture

Le nouveau point lecture vous attend au 11 allée des loisirs.

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Les filles du vent, les filles de l'eau...

Julien Baussay est natif de Marans (17). C'est là qu'il rencontre un responsable communal passionné d'espaces vert qui va lui transmettre sa fascination pour le milieu naturel au cours d'un stage découverte. Il enchaîne donc un BEP agricole et un bac professionnel avec mention «complément animalerie».

Julien BaussayTrès vite, il intègre une jardinerie dont il devient responsable du secteur animalier. Il aborde aussi les bassins de jardin et l'aquariophilie. Après quelques années, ilenvisage sérieusement de se mettre à son compte. Ce qu'il fait en 2005 en créant l'entreprise «Les filles du vent, les filles de l'eau» en hommage à la variété de plantes graminées et de fleurs d'eau dont il ambitionne de devenir le »papa». Il travaille avec des producteurs locaux et participe à de nombreux marchés et fêtes des plantes. Cela marche tellement bien qu'il engage jusqu'à 5 salariés. Puis il revend son entreprise à un pépiniériste et reprend la route en solo. En 2015, il s'installe à Courçon en produisant de grandes variétés de graminées et de fleurs d'eau (200 de nymphéas et 60 d'iris d'eau) qu'il vend sur les marchés ou sur internet. Il consacre aussi une partie de son temps à l'élevage d'Epagneuls Papillons car sa deuxième passion, ce sont les animaux. Pourquoi venir à Cieux ? Julien explique qu'il cherchait à se rapprocher de sa zone de chalandise. Pour l'amoureux de la nature qu'il est, la commune lui a plu. Il y a de l'eau - peu polluée - partout et surtout moins de vent. Il a trouvé un peu par hasard l'endroit d'où il va repartir de - presque - zéro. Il n'a, pour l'instant ni maison ni outil de travail, seulement un grand espace naturel avec un étang, idéal pour ses productions futures. Détenteur de nombreux prix dans des fêtes des fleurs prestigieuses (en septembre: prix des plantes d'exception de St-Jean de Beauregard), ce talentueux »papa», entouré de nombreux compagnons (chèvres naines, poules Marans, perroquet, tortues) n'a pas fini de nous faire admirer ses jolies filles.

Dessine-moi un panneau

C'est ce que l'on pourrait demander à Vincent Augier tellement il maîtrise le sujet. En 2014, il a besoin d'un bâtiment pour améliorer ses conditions de travail avec ses 500 brebis. A 50 ans, il n'a pas très envie de supporter seul le coût d'un tel investissement. Avec l'aide de la Chambre d'Agriculture, il s'allie à d'autres professionnels (21) pour créer une société (Agrisoleil) dont le fonctionnement est proche d'une coopérative, afin d'emprunter pour la construction des bâtiments de chaque sociétaire, sachant que les toitures comporteront des panneaux photovoltaïques qui produiront de l'électricité. Vincent AugierLe sociétaire apporte sa part au capital de départ et ne sera propriétaire que dans 30 ans. Il perçoit mensuellement un fermage (location du terrain) de la société qui assume les investissements (bâtiments, panneaux, raccordement...). Vincent a été séduit par la mutualisation et le travail en groupe (appels d'offres, répartition des risques, soutiens mutuels, suivi des travaux, élaboration des budgets...) Cela lui apporte une tranquillité partagée pour la prise collective des décisions. Après deux années d'expérience, il récidive. «J'ai tellement aimé le principe et l'intérêt de la première opération que j'en ai fait une deuxième». Il participe avec 7 autres agriculteurs à une nouvelle structure (Agriphoton) qui lui permet cette fois de construire un bâtiment de stockage toujours équipé de panneaux solaires. «Ces deux constructions m'ont apporté un meilleur confort de travail. J'ai pu mécanisé les espaces ce qui m'a permis d'aller plus vite, Les animaux sont moins serrés et j'ai baissé certains coûts. En outre, mon entreprise sera plus facile à transmettre quand viendra le moment». Cet amoureux du travail bien fait (Label rouge «Le Diamandin«) apporte aussi sa part d'énergie verte depuis ses 1300m² de panneaux photovoltaïques qui alimentent tout l'est de la commune.avec une production solaire (250 000 kw par an) qui a dépassé les objectifs de départ.

Eleveur de daims

Est-ce le nom de son métier ? Non mais c'est celui de sa passion : la faune sauvage. le parc aux daimsRaymond Lecomte a longtemps dirigé un garage à Cieux où il habite encore. Cette passion, il l'a cultivé depuis plus de 30 ans, parallèlement à son activité principale très prenante. C'est en allant retrouver ces cervidés, aux grands bois plats et palmés, qu'il allait quérir, proche de la nature, un peu de retour à l'équilibre et à la tranquillité. Ces animaux, qui aiment les forêts de feuillus et les prairies arbustives, se sentent bien en Limousin. Leurs belles robes rousses-fauves tachetées (plus rarement totalement blanches ou noires) sont en parfaite adéquation avec la verdoyance de notre département. D'après Raymond Lecomte, ils ne sont pas difficiles à élever. Essentiellement herbivore les daims se nourrissent d'herbes, de feuilles, de glands, de châtaignes. L'hiver, c'est plutôt le lierre, les ronces, le gui, les genêts. En période de sécheresse, comme actuellement, il doit complémenter leur alimentation par un apport en céréales. Ces animaux, relativement paisibles qui, avec l'habitude, acceptent la présence de leur «soigneur«, n'en restent pas moins sauvages. Dès qu'il y a une autre personne ou lorsqu'elles entendent au loin un bruit insolite, la méfiance et la prudence reprennent la première place et tous leurs sens sont tendus vers l'éventuelle menace. C'est là que réside tout le plaisir de Raymond Lecomte : cette espèce de complicité inexprimée avec un être qui vit en quasi-autonomie, qui lui accorde néanmoins sa confiance mais pas jusqu'à manger dans sa main. Instinct oblige. Maintenant, dégagé de son activité professionnelle, il s'occupe de ses daims quatre fois par semaine avec toujours le même plaisir que lorsqu'il a commencé.

Ils ont trouvé le bon plant

Isabelle et Didier Benoît sont des producteurs de plantes à parfum et ornementales mais aussi d'autres, un peu plus particulières : les aromatiques et les médicinales. Installés depuis 2017 à 6 km du bourg au lieu-dit Boscartus et après plusieurs essais expérimentaux, ils ont obtenu leur première «récolte» en avril 2018.Isabelle et Didier Benoît Tout cela a commencé dans le Vaucluse où Didier, horticulteur depuis 1980, a travaillé dans des établissements horticoles et des jardineries. Il devient directeur de l'une d'entre elles et se spécialise dans la création et l'entretien d'espaces vert intérieurs. Mais ces dernières années, il doit faire face à des problèmes de santé et doit donc penser à se reconvertir pour devenir professionnel, avec des compétences de gestion, auprès de l'AFPA (Formation Professionnelle des Adultes) où il prend en charge des groupes qu'il anime afin de former les personnes en reconversion. Ainsi, il devient prestataire habituel de l'ANPE/Pôle Emploi où, un jour, il rencontre - et apprécie - Isabelle. Cette dernière qui a travaillé durant 28 ans dans cette agence de l'état, la quitte en 2015 pour rejoindre Didier. Celui-ci lui communique sa passion pour les plantes et ils décident alors de mûrir leur projet d'entreprise. Ils scrutent une carte de France pour chercher un endroit favorable à la culture de ce type de plantes dont la première problématique est l'eau. Au vu des données des réseaux hydrauliques qu'ils recueillent, ils se tournent d'abord vers la Charente, puis viennent voir ce petit coin de Limousin où rayonnent plusieurs petites pièces d'eau à côté du magnifique étang de Fromental. Ils en tombent littéralement amoureux. La proximité d'une grande ville (Limoges) doté d'un aéroport finit de les séduire. Sachant qu'il y a une pénurie mondiale pour certaines plantes et que pour répondre aux besoins de l'industrie pharmaceutique, la France, très déficitaire en production, est obligée d'en importer plus de 80 %, un programme national d'accompagnement a été impulsé afin de favoriser cette production sur le territoire national. Il faut savoir que sur plus de 5000 plantes répertoriées, seules 148 peuvent être cultivées. Ils se rapprochent alors de la Chambre d'Agriculture de Limoges qui va beaucoup les aider et les conseillers dans l'élaboration de leur projet. Ils louent particulièrement le rôle essentiel du conseiller PPAM (Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales) qui a été un précieux atout influent dans leurs prises de décision. «On est partis de zéro en démarrant une phase de tests sur 16 m² !«. Puis, confortés par les premiers résultats, ils se lancent. Parallèlement, Isabelle suit les cours d'une formation adaptée à l'Ecole des Plantes de Paris. Didier s'attaque à la construction de la serre qui doit comporter des équipements spécifiques : réseau d'eau en circuit fermé, tables sub-immergées, tables de multiplication, relevage piloté des aérations latérales... et organise les semis à plus grande échelle. Il mène une recherche active des semences afin de répondre aux exigences de pureté et de traçabilité, exécute son travail en s'aidant d'un puissant allié : la nature environnante. «Toutes les plantes ont une utilité, même celles qu'on appelle un peu vite 'les mauvaises herbes' ou adventices. Pourquoi arracher l'amarante qui nourrit depuis des millions d'année les pucerons ? En leur laissant leur part, ils ne viennent pas sur nos plants» expliquent Isabelle et Didier. Aucun produit chimique ici, la fertilisation venant naturellement du petit étang en contrebas qui alimente les plantes en eau. En conservant toute la biodiversité, très riche localement (les «plantes compagnes«), ils collaborent harmonieusement avec leur environnement et respecte un partage équitable des ressources disponibles. «Les végétaux entretiennent des relations subtiles entre eux, au delà d'une même espèce. Ils coopèrent également avec des champignons. Les plantes compagnes ont la particularité d'aider à réguler les populations d'insectes ravageurs en favorisant la présence des insectes qui deviennent nos auxiliaires de culture. » Tout ce travail a débouché sur une certification bio (certipaq) qui implique une inspection et une reconduction chaque année. Leurs premiers plants ont déjà intéressés des professionnels qui les ont transformés en huiles essentielles. Puis, forts de 70 variétés adaptées au biotop du Limousin, ils ont ouvert leur porte au public qui vient maintenant choisir directement sur place les plantes qu'il recherche. Isabelle et Didier participent aussi à des marchés de plantes. Outre la vente, ils dispensent aussi des conseils et envisagent de rédiger un livre de recettes utilisant les plantes aromatiques qu'ils produisent. L'investissement a été substantiel. «Nous ne sommes pas de doux rêveurs» disent Isabelle et Didier car le risque, comme dans toute entreprise, est présent. Mais ils ont confiance et se sentent sur la bonne voie, restent sereins et gardent «l'oeil du jardinier», celui du bon sens ancestral, perdu un temps et qu'ils ont peut-être retrouvé. Contact : 0643237657 - boscartus.fr

Le héron de la commune

Le héron est un grand oiseau bien connu à Cieux. On peut en effet en apercevoir très souvent sur les bords du grand étang. C'est pourquoi l'association pier O bois a choisi ce bel échassier quand, l'été dernier lors du festival de l'eau de la pierre et du bois, elle a «passé commande» à David Barbot, jeune sculpteur sur bois de 31 ans, qui exposait pour la première fois dans une manifestation de cette taille.Le héron La particularité de David est qu'il réalise toutes ses oeuvres à la tronçonneuse, même les plus petits détails. Quand on voit le résultat, on se demande comment il fait pour être aussi précis et minutieux avec cet outil qui peut paraître un peu «rustre», puisque surtout destiné à l'abattage et à l'élagage. Il a choisi une moitié du tronc d'un vieux chêne américain qui avait malheureusement contracté une maladie pour y sculpter son oeuvre. C'est donc en partant d'un bloc de bois brut, devant le public et pendant une journée et demi, qu'il a fait apparaître le bel oiseau par le bourdonnement de son outil. L'association a décidé de remettre cette sculpture à la commune. Lundi 10 décembre, Claude Lebraud maire et une petite délégation ainsi que des membres de pier O bois, recevaient David Barbot, accompagné de son épouse, pour la remise officielle du héron qui sera ensuite installé à un endroit choisi sur le territoire de la commune. Il subira avant un traitement destiné à le protéger des insectes et organismes xylophages et surtout des intempéries. Claude Lebraud, a souhaité, à titre personnel, lui faire un don sur place. L'association pier O bois a, d'ores et déjà, invité David Barbot à participer à son prochain festival de juillet.

Un bricoleur de génie

Thierry Colombeau est, depuis toujours, un passionné de mécanique, d'électronique et surtout d'hélicoptères. Aussi, après un BEP «Télécom courants faibles», il travaille 2 ans et part à l'armée. Au retour, pas de poste en Limousin pour sa spécialité alors, comme beaucoup dans la commune, il entre chez Meillor à Chamborêt (aujourd'hui Elringklinger) où il est toujours. De tout temps, dès qu'il entendait le «flap-flap» caractéristique des pales d'un hélicoptère, il sortait dehors sans savoir pourquoi, pris d'une irrépressible fascination pour l'engin volant. Son »dieu» est Paul Cornu, génial inventeur français, le premier qui, en 1907, s'est affranchi du sol avec une machine à décollage vertical. Comme il travaillait en équipe, il disposait de demi-journées durant lesquelles il bricolait des moteurs de toutes sortes ou bien des circuits électroniques. Revenant toujours vers son centre d'intérêt principal, il participe souvent au rassemblement des passionnés de l'autogire au Bois de la Pierre (31). Là, il comprend que certains commencent à fabriquer leur propre hélicoptère. Petit-à-petit, l'idée germe en lui : «pourquoi pas moi ?» Thierry ColombeauEntouré de ses cousins tourneurs et fraiseurs, ainsi que de Marcel Berthonnet et Yves Paillet de la commune, il lance le projet. En cherchant sur internet, il trouve, aux Etats-Unis, les plans d'un petit modèle. Il distribue des photocopies aux uns et aux autres pour que chacun fabrique une pièce particulière. Lui assure le montage et les réglages. Affecté par le décès d'Yves Paillet quelques mois plus tard, il arrête tout pendant un an. C'est son entourage qui lui redonne l'impulsion salvatrice : «on continue». Tous repart. Seules les pales sont achetées car leur importance est capitale et leur fabrication s'avère trop délicate. Pour les accessoires (siège, instrument...) il reconditionne des objets existants pour les adapter aux besoins. Ainsi, un phare de voiture devient son «tableau de bord». Puis un jour, il passe aux essais. Il lui faudra des centaines de réglages pour que son engin puisse enfin «décoller» (8 ans après le début du projet) et se mouvoir. En ce sens, il a rejoint son maître Paul Cornu car il ne recherche que l'expérimentation et se contente, comme lui, de «l'effet de sol». Il fallait qu'il y arrive.

 

 

De la gymnastique pour tous les goûts

Gymnastique pour tousC'est la rentrée pour le Club de Gym pour tous à la salle des fêtes ! La Gym du mardi (reprise en septembre à 20 h 15) est tonique et elle correspond à tous celles et ceux qui recherchent un cours de gymnastique où s’enchaînent le cardio-training et le renforcement musculaire sur des musiques rythmées (Fitness, LIA , HIIT, Tabata, Cardio boxe, Step, etc…. ). Il n’y a plus qu’à chausser les baskets et à prendre une bouteille d’eau pour retrouver le plaisir de transpirer et de sentir ses muscles travailler avec le sourire. Le vendredi (reprise le 7 septembre de 10 h 45 à 11 h 45) place à la Gym Bien-Etre. Cette séance mixte dénuée d’esprit de compétitivité est basée sur le plaisir de réaliser en douceur des mouvements de gymnastique. Les cours, tous diversifiés, sont effectués en musique et permettent de réveiller les articulations, de stimuler la mémoire et l’équilibre, de travailler la coordination par le biais de danses diverses, sans oublier le renforcement musculaire (bras, taille, dos, abdominaux, cuisses fessiers…) sans négliger le temps consacré aux étirements et à la bonne humeur ! Contact : 05 55 03 60 01

Nom de code : F4HGR

Christian Farvacque n'est pas un robot et n'a jamais été agent secret. Ce code, qui n'appartient qu'à lui, représente l'identifiant de sa station de radio classée dans l'annuaire mondial des radioamateurs. Station radioamateurOriginaire de Roubaix, il est arrivé sur la commune en 2002. Dès l'âge de 15 ans, il a eu envie de communiquer à distance avec ses copains. Pour ce faire, il a acquis, en coproprité avec son cousin pour diviser la dépense, une paire de talkies-walkies simples. Bien que de faible portée, la police est intervenue dans son quartier à cause de brouillage dans la transmission des ondes télévisuelles chez les voisins qui ont fini par se plaindre. En effet, l'un de ses amis avait un appareil de plus forte puissance qui troublait fortement la réception. Ses parents ont donc mis fin à ses premières expériences en l'envoyant dans un lycée d'électromécanique d'où il est sorti avec son CAP. Parallèlement, il s'intéressait à l'électronique mais n'avait pas les moyens financiers de revenir à ses premières amours. Sa vie familiale et professionnelle chez France Telecom ne lui a pas non plus laissé assez de temps pour pratiquer sa passion. Néanmoins, il continuait de lire des revues d'électronique spécialisées et c'est avec celles-ci qu'il a en a appris toutes les subtilités. Ce n'est qu'en 2011 que le déclic s'est produit. A l'occasion d'une rencontre familiale, son cousin lui a posé la question qui devait ranimer la flamme : «alors, la radio, t'en fais toujours ?«. Le virus latent qui était resté en lui s'est alors réveillé avec fulgurance et, du jour au lendemain, il acquiert des manuels et du matériel en kit, commence à construire son propre émetteur/récepteur et surtout, apprend la réglementation et la pratique des radioamateurs. En 2013, il se présente à l'examen de l'ANFR (Agence Nationale des Fréquences Radioamateurs) et obtient sa licence sur le champ. A partir de là, il installe ses antennes, en fait installer d'autres plus techniques, et commence à émettre. Curieusement, Christian Farvacque ne parle pas anglais et c'est dans sa langue natale qu'il communique avec le monde entier. Il utilise plusieurs modes de transmission allant des ondes courtes en passant par le VHF/UHF mais aussi par la télégraphie (morse) et le numérique. Les ondes courtes ont la particularité de porter très loin car elles utilisent les couches de l'atmosphère pour se propager et s'en servent comme d'un retransmetteur pour aller plus loin. Il pourrait même se servir de la lune comme «partenaire» en orientant son antenne avec précision pour qu'elle devienne un relais à la manière d'un satellite et augmenter, par réflexion, la portée de l'onde. C'est ainsi que Christian Farvacque est entré en contact avec des Polonais, des Russes, des Japonais et, bien sûr, des français disséminés un peu partout sur la planète. Il existe un code international (dit code Q) qui par des regroupements de 3 lettres remplace des phrases programmées plus longues ; exemple : QTR=«Quelle est l'heure exacte ?». Ce système permet de dire beaucoup de choses en des temps très courts. Outre le plaisir de faire des QSO (rencontres par radio interposée), les radioamateurs sont aussi d'une grande utilité dans de nombreux cas : capture d'appels d'urgences, surtout lors de catastrophes naturelles quand les moyens de communication classiques sont coupés et même pour l'écoute des boîtes noires dispersées par les accidents d'avion. Pour améliorer ses connaissances, Christian Farvacque a rejoint le radio-club de Saint Brice à l'aide duquel il a pu communiquer avec la station spatiale. Dans sa collection de carte QSL (cartes échangées entre pratiquants), il en est une de Thomas Pesquet qui a remercié F4HGR ! Si on lui demande ce qui le motive dans ce passe-temps peu banal, il indique son plaisir de communiquer avec d'autres personnes et aussi de dépasser la ligne d'horizon. A y réfléchir, c'était aussi ce qui motivait les premiers hommes.

Une matinée avec les oiseaux

un dimanche de février, Christian Doucelin de la LPO Limousin (Ligue pour la Protection des Oiseaux), proposait une balade «à la rencontre des oiseaux d'eau, derniers hivernants et premiers chanteurs» qui partait de la digue du grand étang.Avec la LPO Après la distribution de jumelles et du petit »Guide des oiseaux communs en Limousin», Christian, lui-même armé d'une lunette d'approche sur trépied, entraîne les quelques amoureux de la nature présents malgré la froideur ambiante. La balade commence inopinément par une envolée, au loin, de quelques milliers de palombes : »un dortoir qui s'éveille» indique Christian. Puis, le représentant de la LPO s'applique à faire découvrir des espèces - notamment celles des milieux humides - que l'on ne prend plus le temps d'observer : grèbes huppés, grande aigrette, héron, cormorans, tourterelles turques, sitelle torchepot, grive draine, chardonneret, pic-épêche, mésange charbonnière... Il s'interrompt souvent, lorsqu'un chant familier surgit et tente même d'entrer en contact avec l'oiseau «pour le séduire« en imitant le son capté (il en connaît des dizaines). Il explique la différence entre le chant (plutôt utilisé pour la conquête) le cri (de vol, d'alarme ou nuptial) et le tambourinage (qui a plutôt une fonction territoriale afin de repousser les éventuels concurrents) et détaille les particularismes de certaines espèces comme le cormoran dont le plumage n'est pas imperméabilisé lui permettant de plonger plus profondément et plus longtemps. Puis, après quelques tentatives de vocalisations entre Christian «titi, tutu...» et quelque roitelet troglodyte, «traîne-buisson» ou tarin des aulnes, la balade se termine avec une sensation de quiétude et d'apaisement. Quel privilège de pouvoir entrer en contact (le plus souvent visuel) avec ces espèces qui, tellement intégrées à nos espaces de vie, deviennent souvent invisibles, voire oubliées alors que leurs joyeuses petites musiques apportent quotidiennement bien-être et bonne humeur. Vivement la prochaine balade.

Chez Jean Pailler

Le tramail Un travail (tramail en patois limousin) est une sorte de portique constitué d'un bâti suffisamment robuste pour accueillir les boeufs et les vaches afin de pouvoir les immobiliser dans des sangles de cordes tressées et les ferrer. Celui-ci, présent dans le bourg, appartient à M. et Mme Pill. Pierrette Pill est la petite-fille de Jean Pailler, Forgeron, Maréchal-ferrant, qui a travaillé durant soixante ans avec ce dispositif. Levé à cinq heures trente le matin, jusqu'à vingt heures le soir et six jours sur sept, Jean pailler était constamment sollicité par les travailleurs de la terre pour refaire un soc, consolider une herse ou réparer un timon mais la plus grande part de son activité était concentrée autour du tramail. A l'époque, c'étaient les boeufs mais surtout les vaches qui tractaient les charrettes et les charrues. La forge était à côté du tramail. Autour de l'épais soufflet de cuir aux plis énormes trônaient les outils classiques du forgeron ainsi que des boîtes de clous à tête carrée qu'il avait fabriqués lui-même. Il était très souvent habillé du tablier de cuir passé sur une chemise blanche et un pantalon de velours noir à grosses côtes.Jean Pailler Après avoir préparé le fer, il passait sous le tramail, prenait chaque patte de la vache, l'une après l'autre, nettoyait le sabot, enlèvait les vieux fers, tranchait la corne avec le boutoir et apposait le nouveau sabot sorti de la forge rougeoyante. Son arrière-petit-fils, Jacques-André, »a encore l'odeur acre de la corne brûlée dans les narines». La bigorne (enclume à deux cornes) bien en place, il enfonçait le clou maréchal dans chaque trou du fer à l'aide de la mailloche. De temps à autre il rassurait la bête, inquiète et impatiente, jusqu'au moment de sa libération. Comme beaucoup d'hommes de sa génération, Jean Pailler a connu les tranchées entre 1914 et 1918 ce dont il ne parlait jamais à sa famille en bon «taiseux» qu'il était. Mais surtout, en plus de son activité prenante, il a assuré la conduite de la commune en tant que maire de Cieux de 1920 à 1941. Il a démissionné, avec tout le conseil municipal, lors de la prise du pouvoir par le Maréchal. Il aimait tant ce rude métier transmis par son père qui le tenait sûrement du sien, qu'il l'a exercé jusqu'à l'âge de 82 ans. Puis les tracteurs sont arrivés et à partir de là, il se mit en arrêt de travail. Pour honorer la mémoire de cet honnête homme, bon et généreux, sa petite-fille Pierrette a fait graver une plaque posée tout en haut du tramail : »Chez Jean Pailler».

 

Un papy à l'âme d'enfant

Jean-Claude Ducouret a créé la réplique exacte d'une Jeep Willis (celle du débarquement), «premier 4x4 de l'histoire». C'est aussi celui qui a servi à la 2ème DB du maréchal Leclerc pour la libération de Paris. Réplique exacte certes mais à un détail près : elle est à l'échelle 1/2. Cela pour qu'elle puisse être utilisée par leurs destinataires initiaux : ses petits-enfants. Il ne partait pas de rien puisqu'il a géré pendant vingt ans le garage de l'étang, qui existe toujours, là où il avait précédemment oeuvré en tant qu'employé.Jean-Claude Ducouret Lui qui a toujours eu la passion de la mécanique se languissait un peu de son ancien travail après quelques années de retraite. Après avoir découvert les plans du véhicule sur internet, il a commencé, la nuit, à préparer la conception de ce qui allait devenir un merveilleux jouet pour ses petits-enfants et quand est venu le moment de l'assemblage, il avoue s'être beaucoup amusé. Bien sûr, cette 1/2 Jeep Willis fonctionne comme une grande. Et tout est conforme, visuellement, à l'original. Quant au reste : son moteur vient d'une tondeuse à gazon autoportée. Son démarreur, récupéré, est électrique et un autoradio remplace le poste émetteur. Elle peut, en 5ème, atteindre 15 km/h ce qui est bien suffisant pour circuler à l'intérieur d'une propriété. Les petits-enfants ont bien profité de ce superbe jouet unique a monde mais quand le papy raconte son aventure, on se demande si ce n'est pas lui qui s'est le plus amusé...

L'homme de faire

Marcel Berthonnet Lotus Seven

 Marcel Berthonnet (Fifi pour les intimes...) a un irrépressible besoin : quasiment chaque jour, il se rend dans son ancien atelier - où il a passé toute sa vie professionnelle - très tôt le matin (se levant quelquefois à 5h00 !) pour se frotter au métal brut, le transformer avec l'étau-limeur ou la fraiseuse afin qu'il devienne une pièce particulière qui viendra prendre sa place dans un moteur ancien ou une machine dont les constructeurs ont aujourd'hui disparu. Il n'aime rien tant que cet univers unique en son genre dont il est le créateur. L'atelier garde encore une trentaine de machines, invendables aujourd'hui puisque hors normes, qui fonctionnent parfaitement. Il les connaît toutes par coeur car il a vécu avec elles de 30 à 50 ans, avec la passion du concepteur, la ferveur du façonnier et la dextérité du maître-artisan. Cet atelier, fondé par Hubert Boutaud, existe depuis l'immédiat après-guerre. C'était une tonnellerie réputée qui exportait même ses fabrications. Puis, Marcel Berthonnet le reprit en 1970. Il a travaillé seul durant 4 ans en faisant, petit-à-petit, évoluer l'entreprise vers la mécanique générale. Il commence à acheter des nouvelles machines-outils et embauche du personnel car la clientèle était là. L'entreprise grandit et sa notriété avec elle. Marcel Berthonnet devient inventeur. Il crée, notamment pour une entreprise de Chamborêt, une écorçeuse de piquets ainsi qu'un autre dispositif qui fabriquait leur pointe. Des brevets sont déposés. Il est aussi un important fournisseur de la chaînerie de Bellac. Son entreprise qui a compté jusqu'à 5 employés savait fabriquer la pièce introuvable, le composant mécanique spécial, autrement dit : le «mouton à 5 pattes». Maintenant qu'il est à la retraite, il s'est attaqué à un rêve : avoir sa propre Lotus Seven. Cette voiture exceptionnelle, fabriquée depuis 1958 en angleterre, était aussi une voiture de compétition. Elle est toujours fabriquée à ce jour. Marcel Berthonnet s'inspire des plans du contructeur et, depuis 3 mois, il a déjà bien avancé. Il a refait le châssis et le train avant en adaptant des pièces d'autres voitures. Le moteur est celui d'une Ford Consul, le réservoir était celui d'une 2 CV et le siège vient d'un hélicoptère. Le génie n'a pas d'âge. Le summum de son ambition : la faire recevoir par le service des Mines et rouler avec sur les routes de la commune. Si ce jour survient, nous serons là...

Un anglais un peu "crazy"...

Des anglais, il y en a beaucoup en Limousin et aussi à Cieux. Mais avec Kévin Hearn, nous devons tenir un spécimen un peu exceptionnel...

Dans sa jeunesse,pendant ses études, il quitta son île pour passer, un temps, par l'université de Grenoble puis APR celle de Stuggart. D'où une première approche avec la langue française et la langue allemande à travers des études en droit européen et en économie.
Il devint ensuite hommes d'affaires dans l'import/export, occupation qui imposait de se déplacer beaucoup dans différents pays (Afrique du Sud, Australie, Japon...) et qui l'éloigna souvent de son domicile. Ses journées de travail dépassaient souvent les 18h00 et il ne prenait que peu de temps de repos.
Miné par le stress, au bord du «burn-out» avec un pronostic médical de fin de vie à 55 ans s'il continuait au même rythme (4h00 de sommeil par nuit, le tabac, l'alcool comme stimulant), il résolut de changer radicalement de vie en devenant professeur dans un collège puis directeur de l'établissement. Ce fut un premier apaisement avec, néanmoins des problèmes de santé récurrents (coeur, tension), conséquence d'une vie trop trépidante amenant souvent à l'épuisement.
Il devait absolument trouver le calme, atteindre la sérénité et lâcher prise. Il chercha donc à s'éloigner de la ville et commença par la Cormouailles et d'autres endroits réputés pour leur tranquillité. A son goût, il y avait trop de béton, trop de gens, pas assez d'espaces reposants.
Comme il est profondément Européen, il se dit «Et pourquoi pas en France ?»Kévin Hearn et Jill Il se renseigna donc sur les régions qui le tentaient au travers des Préfectures. Il jugea qu'il y avait trop d'anglais à Angoulême et finit par s'intéresser au Limousin.
Il vint pour la première fois dans la commune en 2003, alors que son épouse, Jill, travaillait encore et fut, tout de suite, séduit par l'endroit qui lui rappelait un peu la Cornouailles mais en plus grand.
Il amena très vite son épouse qui fut aussi séduite que lui mais elle redoutait de vivre dans un pays où elle ne connaissait personne. Elle accepta donc un «essai de vie» pendant 3 ans avant de décider de quitter - ou non - son Angleterre natale.
Une jolie maison entourée de 4 Ha de terrain fut donc acquise à Cieux en 2004 Là, Jill et Kévin, en grands amoureux de la nature qu'ils sont,  trouvèrent leur bonheur dans le calme et l'apaisement prodigués par la campagne Limousine. Au bout de 10 mois, Jill dit à Kévin : «on reste !»
N'ont-ils pas trouvé les Français déplaisants comme souvent caricaturés ainsi par les tabloïd Anglais ? »Pas du tout, au contraire, nous avons rencontrés des gens charmants et accueillants. Nous avons choisi Cieux car il y a peu d'Anglais alentour, cela afin d'éviter le communautarisme et le vivre-entre-soi». Cela ne l'empêche pas d'aider ses compatriotes quand ils en ont besoin. Il est fréquemment appelé par eux pour résoudre des problèmes qu'ils maîtrisent mal.
Kévin a voulu concrétiser leur bien-être et s'iintégrer encore plus dans leur nouvelle réalité de vie en demandant la nationalité française en 2009 - »crazy» on vous dit - qu'il a, en bon concitoyen, obtenue sans difficulté. Jill fera de même cette année.
Depuis, ils énervent (gentiment) les participants au concours de fleurissement de la commune en remportant tous les ans le premier prix pour les parcs et jardins.
Mais ce n'est pas tout, Kévin, pour parachever son »diplôme» de citoyen français est entré au conseil municipal de la commune où il anime le fleurissement et plus généralement tout ce qui concerne la nature, la forêt, les étangs. Il considère qu'après avoir »raté une partie de sa vie», il a enfin trouvé son havre de paix qu'il savoure chaque jour un peu plus auprès de son épouse.

Chasse au chien courant

Dimanche matin 8 h 00 à «La Cabane», local spécialement aménagé, par les chasseurs eux-mêmes, dans une usine désaffectée. Grand feu de bois dans la cheminée, une grande table de bois entourée de bancs et des assiettes vides, pour le moment. Temps pluvieux mais çà ne rebute personne car il y a déjà une dizaine de membres de l'ACCA qui sont arrivés. Les ACCA (Association Intercommunale de Chasse Agréée) ont été créées en 1964 par la loi Verdeille. Elles régissent un territoire parfaitement délimité et pérennisent un type de chasse populaire tout en assurant une bonne gestion cynégétique. Sur ce territoire, on peut trouver des chasses privées signalées par des panneaux ; ce sont généralement des surfaces d'au moins 60 ha d'un seul tenant. L'ACCA de Cieux compte environ 75 adhérents dont 20 à 25, suivant leur disponibilité, participent régulièrement aux journées de chasse. Nous nous rappelons tous d'une chasse-promenade où l'on partait à 2 ou 3 sur les chemins, un peu au hasard, pour rencontrer - ou pas - ici une envolée de perdreaux, là, le départ d'un lièvre ou d'un lapin sauvage dit «de garenne». C'était un peu »au p'tit bonheur la chance». Aujourd'hui, on n'en est plus là. Nos contrées sont principalement pourvues de chevreuils et de sangliers qui font quelquefois pas mal de dégâts sur les terrains cultivés. Ces derniers se sont développés depuis 20 ans et dans certains départements, ils approchent de plus en plus les lieux habités. En outre, les dégâts occasionnés coûtent très cher aux Fédérations qui doivent rembourser les dégâts. La chasse est donc le bon moyen d'unir l'utile à l'agréable pour les adeptes du loisir cynégétique. Donc, après que tous aient signé le registre des battues (c'est obligatoire), 2 petits groupes partent dans 2 directions différentes afin de »faire les pieds». Cette action consiste à parcourir les lisières des chemins forestiers, des bois, des cultures afin de repérer les traces des sangliers. Christian Dijoux, le Président de l'ACCA, avait placé la veille, ici et là, des brindilles sur les «coulées», passages supposés des «bêtes noires». Mais comme il avait plu toute la nuit, il ne vit aucune trace interprétable. Par mauvais temps, à fortiori quand il neige, les sangliers sont capables de ne pas bouger de leur bauge et même de rester une journée sans manger. Il faudra donc y aller un peu au hasard mais avec toutefois une solide connaissance du terrain et de la faune locale. Retour à la cabane où Christian Dijoux accueille des invité(e)s venant d'un autre territoire en même temps que d'autres adhérents et appelle tout le monde à faire silence. Il énonce alors les consignes générales de sécurité à respecter scrupuleusement, notamment le port de l'arme (déchargée et ouverte lors des déplacements) et les règles de tir. Il rappelle le code des sonneries (nombre de coups de trompe différent pour indiquer le début de la battue, la levée, la fin de battue...) et précise qu'il dispose de 3 bracelets (attributions pour des bêtes noires de plus d'un an), pour lesquels il ne faut pas aller au-delà. Ensuite, il précise les emplacements des postes nommés suivant leur environnement (les saules, les thuyas, les acacias, les ajoncs, le dos d'âne...) dans le secteur choisi (Pierrefolles) vers lequel tous vont se diriger, équipés de chasubles fluorescentes orange (obligatoire). Notons que l'on compte aujourd'hui environ 15% de femmes dans les effectifs chasseurs. Arrivés sur le lieu qui servira de point de départ, Christian Dijoux libère ses dix chiens qui attendaient sagement dans son véhicule spécialement aménagé. 3 autres, appartenant à un autre chasseur, viendront se joindre au groupe. A ce moment précis, les chiens qui étaient restés particulièrement silencieux jusque-là, ne se tiennent plus : ils libèrent des aboiements joyeux, comprenant que pour eux le moment est maintenant venu. chiens

Et là, on constate que la technologie a pénétré tous les secteurs d'activité. Christian Dijoux équipe chaque chien d'un collier GPS en validant chaque nom sur un boîtier récepteur. Cela permet de les retrouver très vite et, surtout, d'éviter de les perdre. Lorsque tous sont équipés, la meute en liesse est lâchée vers un endroit présumé receler des «sus scrofa» (nom latin du sanglier) pour effectuer le «rapproché». La trompe retentit ; c'est le départ. Et ce fut quasiment une explosion ! A 100 mètres du point de départ, les chiens s'engoufrent, à grand renfort d'aboiements, dans un gros fourré de buissons et de ronces entrelacés (la »remise»), impénétrable pour un humain et provoquent 2 départs immédiats ; c'est levé ! Très vite, on perd les chiens de vue, avalés par la végétation abondante et l'on n'entend plus que leurs récris qui régressent en s'éloignant. Pourtant il n' y a eu aucun tir des «postés». Les sangliers ont réussi à passer la ligne sans être vus. Il faut donc maintenant récupérer tous les chiens et cela sur un territoire de plusieurs kilomètres carrés. Puis, Christian Dijoux ramène tous les chiens au point initial et les lâche pour la deuxième fois. Effectivement, du même endroit, d'autres sangliers détalent encore devant les chiens mais cette fois encore, il n'y aura pas de bête abattue. D'après certains chasseurs qui l'ont vécu, on peut passer 6 heures en poste sans rien voir. Il a fallu encore deux autres attaques pour qu'enfin 2 sangliers soient »prélevés».chasseur
Ce n'est qu'en toute fin d'après-midi que tout ce petit monde s'est retrouvé à la cabane pour un bon casse-croûte et aussi pour le partage, après préparation, de la venaison. Ce loisir - aujourd'hui très encadré réglementairement - a toujours existé. C'est une activité conviviale et exigeante. Ceux et celles qui s'y adonnent sont, indéniablement, des amoureux de la nature à laquelle ils vouent un grand respect. Ils sont à l'école de la patience qui leur retourne, en récompense, une bonne dose d'anti-stress. Ils ont aussi un rôle éminemment régulateur quant au nombre d'individus. Sans leur concours, il y a fort à parier qu'un jour ou l'autre, le stade de la commune ou l'arboretum seraient retournés par les groins destructeurs... Vive donc la chasse responsable et équilibrée telle qu'elle est pratiquée au sein de l'ACCA de Cieux.